Pouillot véloce

Phylloscopus collybita

Espèce protégée

Nicheur très commun (440 000 couples), hivernant assez rare

Statut en Europe et en France

Le Pouillot véloce est une espèce largement répandue dans une grande partie du Paléarctique occidental. France, Allemagne, Pologne et Roumanie constituent ses bastions européens.

C’est la sous-espèce type (P. c. collybita) qui niche dans la majeure partie de la France, dont la Normandie. Des pouillots véloces nordiques au plumage plus gris et moins vert que les pouillots occidentaux sont régulièrement observés en France, au passage d’automne (octobre et novembre) et en hiver. Ces pouillots véloces sont d’origine sibérienne ou scandinave. Ils sont généralement regroupés par commodité sous l’appellation « de type sibérien ».

Statut en Normandie

Le Pouillot véloce est un des oiseaux les plus communs de la région, et sa présence hivernale est probablement plus fréquente aujourd’hui qu’il y a quelques décennies, peut-être en lien avec le réchauffement climatique. Des pouillots véloces dits « de type sibérien » sont très occasionnellement observés en Normandie.

Pour la Haute-Normandie, Olivier notait en 1938 : « Arrive en mars et repart en septembre-octobre ; un certain nombre hiverne chez nous lorsque la saison n’est pas trop froide. Niche à peu près partout ».

Écologie et habitat

Le Pouillot véloce occupe tous les secteurs boisés ouverts, y compris en ville. Il fait son nid au sol ou juste au-dessus, bien caché dans un buisson dense, et n’élève qu’une seule couvée. En hiver, quand celui-ci n’est pas trop froid, le Pouillot véloce se rencontre surtout dans les secteurs côtiers et les vallées (il recherche la proximité de l’eau, plus riche en insectes), où il est néanmoins beaucoup plus rare qu’en période de nidification. Il est encore plus sporadique en hiver sur les plateaux, dès que l’influence océanique se fait moins sentir. L’espèce peut disparaître totalement quand un froid vif se manifeste. L’hivernage de la plus grande partie de nos nicheurs s’effectue cependant dans le sud de l’Europe et en Afrique du Nord tandis que nos hivernants viennent d’Europe du Nord et des Iles Britanniques. Son alimentation est constituée d’insectes, auxquels il ajoute des fruits à la fin de l’été.

Conservation

En déclin en France, ce pouillot, bien que largement répandu, doit être surveillé.

Répartition en période de nidification (2005-2012)

Pouillot véloce
Pouillot véloce © Photothèque LPO Normandie

Nidification

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
110 00053 000440 000
Estimation du nombre de couples d’oiseaux nicheurs

L’estimation des effectifs indique que la densité en Normandie pourrait être supérieure à la densité nationale (environ 9 % des effectifs nationaux).

Carte des densités par zones biogéographiques

On constate que dans la zone échantillonnée, le Pouillot véloce est plus abondant à l’Ouest ainsi que dans les zones plus arborées (Pays d’Ouche, Pays-de-Lyons, Pays-de-Bray, bocage de l’ouest de l’Eure).

Comparaison des densités par grandes zones

Haute-NormandieCotentin / BessinNormandie
8,814,410,3 (6ème rang)
Densité (couples / km²)

Au 6ème rang en termes d’abondance (sur 187 espèces d’oiseaux nicheuses en Normandie), le Pouillot véloce est une espèce très commune en Normandie. Ses densités sont plus élevées dans la partie occidentale de la région.

Fréquence sur les échantillons prospectés

Haute-Normandie en 2017Haute-Normandie en 2019Normandie
939999 (2ème rang)
Fréquences (%)

En termes de fréquence sur les échantillons, on constate une fréquence plus élevée que pour les densités (2ème rang contre 6ème rang). Cela est dû certainement à la facilité de détection par son chant très caractéristique. On note une légère augmentation (+ 6 %) entre l’enquête 2007 et l’enquête 2019 en Haute-Normandie

Densité par type d’habitat

BâtiCulturesForêtMosaïquePrairies
11,35,913,810,513,5
Couples / km²

Le Pouillot véloce montre des densités homogènes dans l’ensemble des habitats arborés. Seul l’habitat de cultures indique une densité plus faible.

Période internuptiale

La présence hivernale du Pouillot véloce est probablement plus fréquente aujourd’hui qu’il y a quelques décennies, peut-être en lien avec le réchauffement climatique. En hiver, quand celui-ci n’est pas trop froid, le Pouillot véloce se rencontre surtout dans les secteurs côtiers et les vallées (il recherche la proximité de l’eau, plus riche en insectes), où il est néanmoins beaucoup plus rare qu’en période de nidification. Il est encore plus sporadique en hiver sur les plateaux, dès que l’influence océanique se fait moins sentir. L’espèce peut disparaître totalement quand un froid vif se manifeste. L’hivernage de la plus grande partie de nos nicheurs s’effectue cependant dans le sud de l’Europe et en Afrique du Nord tandis que nos hivernants viennent d’Europe du Nord et des Iles Britanniques.

Fréquences sur les échantillons en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
895821241724
Fréquence (%) par mois sur les échantillons prospectés

On constate dans l’enquête une fréquence élevée en septembre, qui baisse progressivement pendant l’hiver, pour remonter légèrement en février (époque des premiers chants). Manifestement, les oiseaux nicheurs sont encore là en septembre et s’en vont progressivement dès octobre, ce qui est bien conforme à la littérature. Les oiseaux de février peuvent aussi être des migrateurs traversant la région lors de leur retour vers le Nord.

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
724722161214
Fréquences par mois d’après les fiches de relevés

Notre base de données indique aussi des fréquences plus fortes en septembre et octobre, puis une baisse ensuite.

Haute-Normandie en 2007Haute-Normandie en 2019
2631
Fréquence sur les échantillons prospectés (%) au cours des enquêtes précédentes

Comme en période de reproduction, le Pouillot véloce montre une augmentation de fréquence en période internuptiale entre les deux enquêtes en Haute-Normandie (+ 19 %).

Densités et effectifs en période internuptiale en Normandie

SeptembreOctobreNovembreDécembreJanvierFévrier
Densité (individus / km²)6,01,80,40,30,30,5
Effectifs (nombre d’individus)180 00053 00011 00010 00010 00014 000
Densités et effectifs par mois en Normandie

Les densités notées sur les échantillons lors de la période d’étude montrent, comme pour les fréquences, une densité plus forte en septembre, qui baisse ensuite avant de remonter en février. Les effectifs (en dehors de septembre) sont de l’ordre de quelques dizaines de milliers à quelques milliers à partir de novembre. Le retour des nicheurs s’effectue en mars.

Suivre le lien pour regarder la carte de l’atlas national du Pouillot véloce, période de reproduction ou d’hivernage.