Un peu d’action pour protéger la biodiversité à la place des discours incantatoires ferait du bien ! Résumons : la crise de la biodiversité (certains scientifiques parlent d’une sixième extinction des espèces en cours), comme la crise climatique, menace l’humanité. Entre le silence complet sur la crise de la biodiversité et les bonnes intentions tellement floues que tout le monde se doute qu’elles resteront des promesses jamais tenues, cette campagne électorale en cours ne déroge pas hélas aux mauvaises habitudes.
On sait pourtant qu’il faut des mesures fortes pour enrayer cet effondrement des espèces et que c’est possible.
Rêvons un peu : la France s’est engagée (stratégie nationale 2030 pour la biodiversité) à passer de 1,36 % du territoire métropolitain en « protection forte » à 10 % d’ici 8 ans. Jusqu’à maintenant, la notion de protection forte correspondait aux territoires sous protection règlementaire, soit les cœurs de parcs nationaux, les réserves nationales et les arrêtés préfectoraux de protection de biotope. Cela avait le mérite d’être simple. Pour passer d’à peine plus d’1 % à 10 %, le Ministère de la transition écologique vient de faire passer un décret en catimini (fin de l’enquête « publique » le 5 février…) qui… change la définition de la protection forte ! Dorénavant ce sera tellement flou qu’on pourra classer en « protection forte » sans protection réelle !
Bref un tour de passe-passe pour faire croire qu’on agit sans rien changer en vrai !
Mais 10 % du territoire c’est exactement la superficie des ZNIEFFF de type 1 (inventaire officiel des Zones d’intérêt écologique, faunistique et floristique). Classer toutes ces ZNIEFF en Réserves naturelles aurait donc été une vraie mesure pour enfin protéger réellement ces « réservoirs de biodiversité ».

Même si on sait bien sûr, comme le disait fort justement le président de la LPO Allain Bougrain-Dubourg à la presse en juin dernier, qu’il faut aussi agir sur 100 % du territoire et donc changer l’agriculture en généralisant entre autres le bio, donc en supprimant les pesticides. Même si elle n’est pas suffisante, une mesure visant à (vraiment !) protéger les réservoirs de biodiversité est toutefois nécessaire.
On passerait enfin du discours aux actes !
