Le loup en Normandie : le retour…

un loup
Loup @ Aspas

Après plus d’un siècle d’absence, le loup est de retour en Normandie, ou plus exactement un loup était présent en Seine-Maritime, dans le Pays-de-Bray, de novembre 2019 à février 2020. L’Office Français de la Biodiversité (OFB) a confirmé en juillet 2020, la présence de Canis lupus, un jeune loup italo-alpin à partir d’analyses génétiques.

Il est tout à fait naturel que les jeunes loups quittent leur meute et se dispersent sur de longues distances, car le loup est un coureur de fond que les obstacles tels que fleuves, routes, et habitations n’empêchent pas de tracer sa route. Il recherche une éventuelle femelle pour fonder une nouvelle meute ! Il est vraisemblable que sa dispersion à partir de son implantation dans les Alpes se diffusera à travers tout le territoire national, mais ce n’est pas encore pour demain.

Habituellement, le loup chasse en meute ce qui lui permet de s’attaquer à des proies sauvages de grande taille. Or un jeune loup isolé n’a pas d’autre choix que de se nourrir parfois d’animaux domestiques de petite taille. Ainsi, des cas de prédation ont été constatés dans le Pays-de-Bray et la préfecture de Seine-Maritime a mis en place une cellule de veille et a débloqué des fonds pour dédommager les propriétaires impactés.

Le loup est une espèce protégée par une Directive européenne et la Convention de Berne ; il n’est donc pas question de l’éliminer à coups de fusil, sauf dans les Alpes où des dérogations, à notre point de vue abusives car elles désorganisent les meutes et entraînent une prédation certainement plus importante sur les troupeaux d’ovins, sont accordées ; une vision plus politique que scientifique.

Un comité de suivi

La cohabitation entre le loup et les activités humaines et agricoles est donc nécessaire, ainsi que, en tout premier lieu, la recherche de techniques afin de se prémunir de ses attaques. C’est ainsi que le Préfet de l’Eure a mis en place un comité de suivi suite à plusieurs indices de présence observés dans ce département. Il s’agit d’anticiper une présence plus régulière du loup, en faisant un suivi de l’espèce et d’accompagner les éleveurs. Plusieurs associations de protection de la nature sont membres de ce comité ; le Groupe Mammalogique Normand, France Nature Environnement ainsi que la LPO Normandie.

Espérons que des solutions innovantes et intelligentes seront trouvées dans le cadre de ce comité.

Le CA de la LPO Normandie

Source : Clémence Méheust. Année universitaire 2020-2021. Retour naturel du loup en Normandie : après plus d’un siècle d’absence, quelle place pour le loup parmi les humains ? Mémoire d’initiation à la recherche. Université CAEN Normandie. 121 pages.