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Ligue pour la Protection des Oiseaux
Normandie

Edito

Sans se prononcer sur le débat de fond de la chasse (voir « Opinion » dans le LPO Info), force est de constater que malheureusement trop souvent les responsables cynégétiques jouent la carte de la défense de leurs privilèges contre la nécessité de préserver la biodiversité.

Nous en avons eu un exemple frappant avec la position de l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) en janvier de cette année.

Résumons la situation : l’Office est un organisme public, mais majoritairement géré par les chasseurs (via les représentations des fédérations de chasseurs). Il gère, entre autres, rien de moins que la police de la chasse.

1er acte : l’état crée par vote au parlement une Agence nationale de la biodiversité rassemblant tous les acteurs concernés pour cogérer et donc éviter les actions contradictoires dans ce domaine.

2ème acte : les chasseurs font pression pour que l’ONCFS n’en fasse pas partie, remettant en cause la cohérence de la politique nationale de la biodiversité. Ils argumentent en expliquant que la bonne solution est d’avoir deux entités différentes (l’Agence et l’ONCFS), mais qui mutualisent leurs actions.

3ème acte : après avoir obtenu gain de cause (futures élections obligent…), ils font voter le 11 janvier par le conseil d’administration de l’ONCFS (contre les représentants de l’Etat) le refus …de la mutualisation entre les deux organismes !

Bref, encore une fois, les responsables de la chasse en France agissent contre l’intérêt public, contre la nature, contre les intérêts des chasseurs eux-mêmes, qui auraient beaucoup d’avantages à chercher des compromis avec les protecteurs de la biodiversité.

Le Conseil d'Administration.