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LPO Normandie

Edito

De 2015 à 2019, la LPO Normandie conduit avec ses bénévoles un travail d’Atlas ornithologique régional. Nous inventorions un certain nombre d’échantillons de 1 km², dans lesquels les pourcentages d’habitats sont les mêmes que ceux de la région. Au printemps, nous comptons les couples de toutes les espèces et dans la période internuptiale (septembre à février), nous réalisons un relevé mensuel sur chaque site échantillon.

L’avancée du travail permet d’avoir des premiers résultats (qui changeront un peu au final). Nous vous livrons les résultats provisoires pour une espèce passionnante: l’Etourneau sansonnet.

En hiver

Ces premiers résultats permettent d’évaluer la présence de 600 000 étourneaux dans le Cotentin (2500 km²) en février, avec une densité supérieure à 200 individus par km², mais seulement 50 000 étourneaux en septembre.

Pour la Haute-Normandie (Seine-Maritime et Eure, 12 400 km²) ce sont 500 000 à 900 000 étourneaux qui sont estimés avec une densité maximale de 70 individus par km² en novembre, et environ 40 individus au km² les autres mois.

On constate donc un pattern d’apparition bien différent entre les deux zones, et une densité 4 fois plus faible en Haute-Normandie que dans le Cotentin. Le Cotentin constitue donc un bastion pour l’espèce en période hivernale et on peut émettre l’hypothèse qu’à partir de décembre une partie des oiseaux de Haute-Normandie se déplacent vers le Cotentin.

On peut ainsi estimer à environ 2 millions d’individus présents dans toute la Normandie en hiver. La période hivernale nous permet de constater l’importance de l’apport d’oiseaux venant du nord ou de l’est de l’Europe.

Au niveau national, l’Inventaire national (2008) estime à 50 millions d’oiseaux les effectifs français en hiver avec 3 à 5 millions en Bretagne, ce qui est bien cohérent avec nos résultats (2 millions en Normandie).

Au printemps

Pour la période nuptiale, les résultats provisoires donnent 87 000 couples pour la Haute-Normandie avec une densité de 7 couples au km², et 6 400 couples dans le Cotentin avec une densité de 2,6 couples au km². On constate donc une situation inverse à celle de la période internuptiale avec une fréquence nettement plus élevée en Haute-Normandie que dans le Cotentin.

On peut au regard de ces chiffres estimer 200 000 couples nicheurs pour l’ensemble de la Normandie.

A noter que le Suivi permanent de l’avifaune de Haute-Normandie (étude que nous avons conduite avec la Région de Haute-Normandie de 2010 à 2015) nous donnait une évaluation de 84 000 couples avec une densité de 6,8 couples au km², soit des résultats très proches de ceux obtenus ici.

L’Atlas national (2015) donne un effectif de 2 à 3 millions de couples nicheurs en France, ce qui donnerait 125 000 couples pour la Normandie, quand nos résultats donnent 200 000. On peut donc supposer que notre région constitue un bastion pour l’espèce avec une densité plus forte que la moyenne nationale.

Pour ce qui concerne la dynamique de population, notre base de données nous permet de constater une stabilité (en fréquence d’observation, pas forcément en effectifs) sur les dix dernières années.

A l’échelle européenne (Europe et Union européenne), l’espèce est considérée comme en déclin modéré (Birdlide Data Zone, 2015). Les résultats du programme STOC indiquent de même un déclin modéré des effectifs nicheurs en France (Vigie Nature 2018).

Ces travaux (que nous conduisons sans aucun financement ni aide des collectivités locales ou de l’Etat) permettent de ramener à la réalité la situation de cette espèce décriée et de répondre à tous ceux qui nous disent qu’il faut « réguler » les étourneaux qui sont en train d’envahir la France et de menacer notre agriculture, qui bien sûr se porterait à merveille s’ils n’étaient pas là.

Le Conseil d'Administration.

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