Analyses et résultats

Atlas nicheurs
  - généralités
- les régions naturelles
- les habitats
- les zones géographiques
Atlas en période internuptiale

Atlas nicheur

Généralités :

Sur les 151 espèces nicheuses de Haute-Normandie (2000-2009), 118, soit 78%, ont été contactées avec des indices de nidification probable ou certaine sur les 72 échantillons étudiés. (Annexe 1 et Annexe 2)

1.LES ESPECES

Fréquence (Annexe 3)
34 d’entre elles ont été découvertes sur plus de 66% des échantillons. Ce sont les oiseaux nicheurs les plus fréquents de la région. Il s’agit bien sûr d’espèces très communes ou communes (abondance) dans la plupart des cas. Il faut cependant noter :

  1. la corneille noire, espèce la plus fréquente bien qu’elle ait une abondance moyenne.
  2. Deux rapaces, logiquement à effectifs plus faibles (peu communs), mais montrant une fréquence élevée : le faucon crécerelle et la buse variable.

11 de ces 34 espèces ont un statut de conservation défavorable car elles présentent des signes de déclin : pouillot véloce, bruant jaune, faucon crécerelle, linotte mélodieuse, grive draine, fauvette grisette, hirondelle rustique, alouette des champs, pie bavarde, verdier d’Europe et perdrix grise.

Parmi les espèces assez rares, il faut noter une fréquence élevée de la chevêche d’Athéna et de trois rapaces à grand territoire : épervier d’Europe, faucon hobereau et busard St Martin.
Les espèce non observées comme oiseau nicheur sur les échantillons sont toutes des espèces rares.

Abondance (Annexe 4)
90 espèces ont été découvertes sur plus de 4 échantillons et leurs effectifs ont pu être estimés.
10 d’entre elles peuvent être considérées comme très communes ; elles dépassent 50000 couples.
1 présente des signes de déclin, le pouillot véloce.
44 peuvent être considérées comme communes. Leurs effectifs sont compris entre 5000 et 50000 couples.
En ce qui concerne les espèces communes, c’est 21 espèces (sur 44) qui montrent des signes de déclin soit près de la moitié d’entre elles.
7 parmi elles ont des effectifs assez faibles (moins de 10000 couples) et donc pourraient devenir peu communes à court terme si la tendance au déclin se confirme : pouillot fitis, bouvreuil pivoine, bruant proyer, choucas des tours, pipit farlouse, coucou gris, gobemouche gris.

2. LES ECHANTILLONS (Annexe 5)

Intérêt patrimonial
10 échantillons présentent un intérêt patrimonial très élevé (niveau 5), ils abritent des espèces rares ou au moins 5 espèces assez rares : ce sont surtout des échantillons de vallées ainsi que les échantillons de la côte d’Albâtre.

Diversité
La moyenne d’espèces nicheuses sur les échantillons est de 46 espèces. 8 échantillons présentent une diversité très élevée (60 espèces et plus). Ce sont tous des échantillons de vallées.

Densité
Parmi les 13 échantillons présentant la densité la plus élevée (valeur indiciaire supérieure à 200), on notera 3 échantillons de plateau, tous dans l’ouest bocager de l’Eure, ainsi qu’un échantillon de la côte d’Albâtre .

Les régions naturelles

INTERET PATRIMONIAL
La région naturelle a plus fort intérêt patrimonial s'avère être la côte d'Albâtre. Ceci s'explique par la présence de plusieurs espècers rares nicheuses sur les falaises : mouette tridactyle, faucon pèlerin, grand cormoran, fulmar boréal, cormoran huppé, goéland marin.
Dans le département de l'Eure, les régions naturelles à plus fort intérêt patrimonial sont celles de l'ouest du département (Roumois, Pays d'Ouche, Lieuvin) grâce à la présence de la chevêche d'Athéna, la plaine de St André (présence du Busard St Martin) et la zone Seine-Amont (présence de l'oedicnème criard).
En Seine-Maritime, en plus de la côte d'Albâtre, ressortent le Pays de Bray (présence du rougequeue à front blanc, de la fauvette babillarde, du moineau friquet), les plateaux de Rouen, la zone Seine-Aval et la zone estuarienne.

DIVERSITE
Le Pays de Bray est la région naturelle présentant la plus grande diversité. Viennent ensuite les autres régions bocagères de l'ouest de l'Eure (Pays d'Ouche, Lieuvin), le plateau de Madrie et la vallée d'Eure, la vallée de Seine Amont.

DENSITE
C'est le Lieuvin qui s'avère être la région de Haute-Normandie à plus forte densité pour l'avifaune. Viennent ensuite : Pays de Bray, Estuaire et Marais Vernier, Côte d'Albâtre, Pays d'Ouche, Vallée de Seine-Amont.

INTERET GLOBAL
7 régions sur 15 ont un intérêt global élévé. En premier lieu le Pays de Bray, le Lieuvin et la Côte d'Albâtre (niveau 11 sur 15), donc deux régions de bocage et la côte.
Viennent ensuite (niveau 10 sur 15) deux autres régions de bocage (Pays d'Ouche et Roumois) et les régions Seine-Amont et Plateaux de Rouen.

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Les habitats

1. ANALYSE GLOBALE (Annexe 9).

1.1.  Intérêt patrimonial.
L'intérêt patrimonial des différents grands habitats présents sur les échantillons est homogène (niveau 4/5) avec toutefois deux habitats de niveau inférieur: cultures (3/5) et villes (2/5).
1.2. Diversité.
Les échantillons avec rivières ressortent nettement (niveau 4/5). Viennent ensuite les prairies, les campagnes avec vergers, les habitats en mosaïque et les zones humides (niveau 3/5). Les forêts, les villes et les cultures ont un niveau inférieur (2/5).
1.3. Densité.
Trois habitats ressortent: prairies, échantillons avec rivières et habitats en mosaïque (niveau 3/5).
1.4. Niveau global.
Les secteurs avec rivières ressortent (niveau 11/15), puis ensuite les prairies et les habitats en mosaïque (niveau 10/15).

2. ANALYSE PAR HABITAT

La plupart des habitats a une moitié environ des espèces très fréquentes (niveau 3/3) et un quart abondantes (niveaux 4 à 6/6).
Deux habitats ne suivent pas ce modèle:
- villes avec 35% d'espèces fréquentes et 37% d'espèces abondantes.
- cultures avec 25% d'espèces fréquentes et 7% d'espèces abondantes.

2.1. LES CULTURES.
L’analyse est faite sur les échantillons présentant plus de 80% de leur superficie en champs ouverts (Annexe 1)
71 espèces ont été découvertes sur ces échantillons.
8 espèces sont typiques des milieux de champs ouverts. Parmi elles, 6 présentent une fréquence et une abondance élevée : alouette des champs, bruant proyer, perdrix grise, faucon crécerelle, caille des blés, busard St Martin. Ces 6 espèces ont un statut de conservation défavorable.
Fréquence.
Les 3 espèces présentes sur tous les échantillons concernés sont des espèces typiques des cultures : alouette des champs, bruant proyer, perdrix grise.
Abondance
L’espèce la plus abondante sur ces échantillons est une espèce typique des cultures, l’alouette des champs. Les autres espèces des cultures sont beaucoup moins abondantes.

2.2. LES FORETS.
L’analyse est faite sur les échantillons forestiers à plus de 90%. (Annexe 2)
67 espèces ont été découvertes sur ces échantillons.
21 espèces sont typiques des milieux forestiers. 11 d’entre elles ont un statut de conservation défavorable : coucou gris, mésange huppée, mésange nonnette, sittelle torchepot, roitelet à triple bandeau, roitelet huppé, pigeon colombin, pouillot siffleur, mésange noire, pic épeichette, autour des palombes.
Fréquence.
8 sur ces 21 espèces présentent une fréquence élevée ; elles sont présentes sur tous les échantillons : chouette hulotte, coucou gris, geai des chênes, grimpereau des jardins, mésange huppée, mésange nonnette, pic épeiche, sittelle torchepot.
Abondance
Parmi les espèces les plus abondantes, seule la sittelle torchepot est typique des milieux forestiers. Suivent deux autres espèces forestières : grimpereau des jardins et mésange nonnette.

2.3. LES ECHANTILLONS EN MOSAÏQUE.
L'analyse est faite sur les échantillons ne présentant aucun habitat dépassant 50% de la superficie. (Annexe 3).
97 espèces ont été découvertes sur ces échantillons.

2.4. LES PRAIRIES
L'analyse est faite sur les échantillons présentant plus de 70% de prairies (Annexe 4)
88 espèces ont été découvertes sur ces échantillons.
8 espèces sont typiques des prairies. 7 d'entre elles ont un statut de conservation dévaforable: grive draine, pipit farlouse, chevêche d'Athéna, cigogne blanche, moineau friquet, tarier des prés, vanneau huppé.
Fréquence.
 2 de ces espèces ont une fréquence élevée: grive draine et pic vert.
Abondance
 Aucune de ces espèces n'a une abondance élevée.

2.5. LES RIVIERES
L'analyse est faite sur les échantillons traversés par un cours d'eau (Annexe 5).
87 espèces ont été découvertes sur ces échantillons. 13 de ces espèces sont typiques des milieux humides et 2 typiques des cours d'eau (martin-pêcheur et bergeronnette des ruisseaux).
10 de ces 13 espèces ont un statut de conservation défavorable: bergeronnette des ruisseaux, locustelle tachetée, martin-pêcheur d'Europe, rousserolles effarvatte et verderolle, grèbe castagneux, phragmite des joncs, bruant des roseaux, bouscaqrle de Cetti, foulque macroule.
Fréquence.
 4 de ces espèces ont une fréquence élevée: bergeronnettes des ruisseaux et grise, canard colvert et gallinule poule-d'eau.
Abondance
 Parmi les espèces à abondance élevée, seule la gallinule poule-d'eau est typique des rivières.

2.6. LES VERGERS
L'analyse est faite sur les échantillons de campagne présentant au moins de 5% de vergers (Annexe 6).
94 espèces ont été découvertes sur ces échantillons. 4 espèces cavernicoles sont typiques des vergers: pic vert, chevêche d'Athéna, moineau friquet, rougequeue à front blanc.
3 d'entre elles ont un statut de conservation défavorable: chevêche d'Athéna, moineau friquet, rougequeue à front blanc.
Fréquence.
 2 de ces espèces ont une fréquence élevée: pic vert et chevêche d'Athéna.
Abondance
Aucune de ces espèces n'a une abondance élevée.

2.7. LES VILLES
L'analyse est faite sur les 3 échantillons urbains à 100% (Annexe 7).
51 espèces ont été découvertes sur ces échantillons.
10 espèces sont typiques du milieu urbain, elles présentent dans ce type d'habitat leurs densités les plus élevées: étourneau sansonnet, merle noir, moineau domestique, pigeon biset, pigeon ramier, tourterelle turque, martinet noir, choucas des tours, pie bavarde, rougequeue noir. 5 d'entre elles utilisent préférentiellement les bâtiments pour la nidification.
Deux de ces 10 espèces ont un statut de conservation défavorable: pie bavarde, choucas des tours.
Fréquence.
 7 de ces 10 espèces ont une fréquence élevée.
Abondance
Les 6 espèces présentant une abondance de 100% (niveau 6/6) sont toutes typiques du milieu urbain. 3 autres sont abondantes à un degré un peu moindre (niveaux 4 et 5/6).

2.8. LES ZONES HUMIDES.
L'analyse est faite sur les échantillons présentant au moins 5% d'eaux libres ou de marais (Annexe 8).
97 espèces ont été découvertes sur ces échantillons.
23 espèces sont typiques des milieux humides. 21 ont un statut de consrrvation défavorable.
Fréquence.
 4 de ces 23 espèces ont une fréquence élevée: canard colvert, gallinule poule-d'eau, foulque macroule, locustelle tachetée.
Abondance
2 espèces ont une abondance élevée: bouscarle de Cetti et foulque macroule. Il est remarquable de constater l'absence dans cette catégorie des deux espèces de milieux humides à plus fort effectif (canard colvert et gallinule poule-d'eau). Ceci s'explique par la distibution éclatée de ces oiseaux et aussi par le fait que ces deux espèces ne nichent pas préférentiellement dans les habitats de plans d'eau et de marais, mais surtout dans d'autres milieux (prairies et bords de rivières).

Les zones géographiques

INTERET PATRIMONIAL
La zone géographique à plus fort intérêt patrimonial est la zone côtière. L'ensemble des régions présente un  intérêt patrimonial assez uniforme (niveau 4/5) à l'exception des zones de plateaux et de plaines qui ont un intérêt moindre sur le plan patrimonial (niveau 3/5).

DIVERSITE
Ce sont les vallées qui présentent la diversité la plus élevée et singulièrement celles du département de l'Eure. Les zones de plateaux et les plaines de l'Eure ont une diversité plus faible (niveau 2/5).

DENSITE
Les régions bocagères ont la densité la plus élevée. Suivent ensuite les vallées. Plateaux et plaines ont une densité plus faible.

INTERET GLOBAL
Ce sont les vallées qui présentent un intérêt global plus élevé (niveau 12/15). Viennent ensuite la zone côtière et les régions bocagères (niveau 11/15). Plateaux et plaines ont un intérêt global plus faible (niveau 7/15).

Atlas en période internuptiale

Environ 260 espèces régulières sont présentes en Haute-Normandie durant la saison internuptiale d'août à février.
137 espèces ont été notées sur les 72 échantillons prospectés, dont :
  • 115 espèces notées sur les échantillons au moins deux fois. Ces espèces sont fréquentes en Haute-Normandie pendant la période post-nuptiale.
  • 75 espèces notées sur plus de 4 échantillons sur au moins une période, pour lesquels les effectifs ont été évalués. Ces espèces sont abondantes en Haute-Normandie pendant la période post-nuptiale.

On voit apparaître, tant en matière de fréquence que d’abondance, des profils de présence différents :

  • Espèces migratrices, présentes seulement en septembre et octobre.
  • Espèces qui diminuent régulièrement au cours de l’hiver.
  • Espèces qui augmentent régulièrement au cours de l’hiver.
  • Espèces qui diminuent pendant la période de novembre-décembre
  • Espèces qui augmentent pendant la période de novembre-décembre.